Cas d’une
personne franc venant vivre en terre de mainmorte en y prenant un
meix (terre ou habitation) mais s’en forcément savoir si la
terre, le meix est en lieu de mainmorte et surtout par le paiement
des droits seigneuriaux car par le morcellement des terres ne
permettait pas toujours de le savoir. Il y avait des meix en pays
franc qui se trouvaient mainmortables car appartenant à une
seigneurie mainmortable.
d. par
mariage
:
La femme prend
le statut de son mari au bout d’un an un jour et si elle est
franche, elle redeviendra franche au décès de son mari .mais elle
devra abandonner au seigneur tout ce que son mari avait au
mariage : terres, immeubles et héritages. Voir chapitre 2.
2-Comment sortir de la condition de mainmortable
:
a. affranchissement
L’affranchissement peut être accordé par le seigneur pour bons et
loyaux services et sous certaines conditions comme l’augmentation
des droits seigneuriaux et où le paiement d’une somme fixe, la
nécessité de rester sur la terre et de l’entretenir
etc. L’affranchissement ne supprime pas les autres prérogatives du
seigneur. Il peut être demandé par le sujet pour se marier avec
une personne franche qui ne veut pas devenir mainmortable. Il
paiera une somme et mettra ses biens immobiliers en main habiles.
Affranchissement homologué par la justice Royale. Un seigneur peut
affranchir une population donnée comme le fit le seigneur de
Rochejean à ses sujets après la Grande Peste de 1346 pour
attirer de nouveaux gens afin de repeupler les terres et les faire
fructifier
b.
abandon ou désaveu
:
L’homme de
mainmorte peut désavouer son seigneur selon une procédure
bien définie. il ne se reconnaît plus homme dudit seigneur. Mais
il abandonne tous ses biens meubles et héritages. Si il ne
respecte pas cela et s’enfuit, le seigneur peut récupérer les
biens nouvellement acquis quel que soit le lieu et le temps.
Le seigneur, recueillant les biens du désavouant, n’est pas tenu
en aucune façon, de ses dettes. Les créanciers n’ont qu’à s’en
prendre à eux-mêmes car le débiteur n’a pas le droit d’hypothéquer
des fonds de mainmorte.
Le mainmortable doit moyenner son désaveu à son seigneur. Gare aux
héritiers du mainmortable qui avait négligé la procédure, sous
peine de nullité. Il doit faire une déclaration de ses biens.
c. par
mariage
:
La femme de
mainmorte qui se marie avec un homme franc, est franche car c’est
le statut du mari qui définit la condition. Mais le nouveau ménage
ne doit pas s’installer dans la famille ou dans le village de
l’épouse, car le mari au bout d’un an un jour deviendra
mainmortable à son tour. Et sa femme redeviendrait mainmortable.
La femme est exposée à la privation de ses biens en tout ou
partie, immeubles du mari et les droits qu’elle pourrait avoir
dessus. Elle ne pourra réclamer sa part d’héritage. Sa dot ne peut
être qu’en somme d’argent puisque la terre ne lui appartient pas.
d. le
formariage
:
Cas qui
concerne plus spécialement la femme sujet de la seigneurie
mainmortable pour aller résider ailleurs avec son conjoint,
mainmortable ou pas. D’où perte pour le seigneur de l’un ou l’une
de ses sujets et de leur descendance et disparition de profits
éventuels. La mainmortable est obligée de demander le consentement
de son seigneur pour se marier, et il est exposé à la privation de
ses biens. Le seigneur en effet, prenait alors l’ensemble des
fonds possédés par la formariée ou la valeur pécuniaire de sa
dot immobilière; C’est une sorte d’échute anticipée
Les
avantages de l'affranchissement
La
liberté octroyée permet au serf d'être dispensé de certains droits
seigneuriaux. Il peut donc conclure des contrats de ventes, de
donations ou faire des actes unilatéraux, comme rédiger son
testament. Si au jour du mariage, son épouse est serve, elle
deviendra libre, et ses enfants naîtront alors francs. Cette
liberté est très chèrement payée par un serf qui désir être
affranchi. En échange de la liberté, il doit donc abandonner au
seigneur la totalité de ses terres ainsi que sa maison et ne
conserve que le tiers de ses biens. On comprend mieux dès lors les
motivations d'un seigneur qui affranchit un serf… Lettres
d’épousailles pour aller se marier hors de la paroisse locale
3-Les
répercussions sur la vie économique et sociale
:
les domestiques
ont crainte de servir des maître en ces lieux qui demeurent dans
la misère, dépeuplés et les chefs de famille non remplacés.
En
Franche-Comté, un mainmortable est exclu de la plupart des corps
de bourgeoisie urbaine, de corps de métiers, des compagnies
d'officiers civils. Les enfants obligés de rester dans la
communion ne peuvent trouver à s’établir ailleurs, ce qui les
obligent à se marier avec leurs proches parents et force les
parents à se démunir de leurs biens en faveur de leurs enfants.
Les veuves perdent une partie des biens et acquêts qu’elle aurait
pu recueillir au cours de sa vie avec son mari. Tout cela était
fait pour préserver coûte que coûte le droit d’échute qui faisait
du seigneur en l’absence de communier successible, l’héritier
privilégié de son mainmortable. Cela consistait 25 à 30% des
revenus du seigneur.
Les
reprêts :
la mariée qui
venait passer sa première nuit de noces dans la maison parentale,
demeurait dans la communion de ses parents et conservait donc ses
droits successoraux. Exemple de reprêt trouvé : A Morez, le cinq
mars après midi de l’an mil sept soixante et quatorze ont comparu
dans l’étude de par devant le notaire…