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Histoire du pont de la Pyle par :

Situé à La Tour du Meix, le pont de la Pyle offre
une superbe vue sur le lac de Vouglans.Construit par
E.D.F au même moment que le barrage dit de Vouglans.
(construit
de 1963 à 1969, et mis en service en 1970)
Il
mesure 351 m. de long sur 9 m de large, et pour une
hauteur totale de 75 m
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Situation
ancienne, comprenant une petite plage de
famille dont j'ai profité joyeusement
entre 1955 et
1967

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Situation actuelle plage
importante, camping, restauration, zone dite
de "SURCHAUFFANT"

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Pierre, bois
fer et béton... C'est le pont de la Pyle au fil des siècles
De tout temps
la vallée de l'Ain, à proximité de La Tour-du-Meix,
a été un lieu de passage important pour accéder
de la plaine à la montagne; il est bien normal
alors que de nombreux ponts aient été jetés sur
la rivière pour la franchir. Aujourd'hui, ils
permettent de se faire une idée des progrès de
la technique depuis le pont en pierre rustique
des Romains jusqu'à celui en béton précontraint
construit actuellement.
Pont
romain
A l'époque de la Gaule romaine, un pont de
pierre aurait été construit sur l'Ain, au site
du pont de la Pyle, sur la voie Orgelet,
Ville-d'Antre. Certains historiens
francs-comtois prétendent même que les Ro mains
auraient utilisé une légion égyptienne pour
creuser, ou tout au moins aménager la cluse qui
de La Tour-du -Meix conduit à la vallée.
Le bac
Au Moyen Age le pont n'existe plus. L'Ain est
franchi grâce à un bac. Le passage est important
et prennent le bac le messager de la poste qui
va de Lons à Saint-Claude, avec ses lettres et
ses paquets, de nom breux voyageurs qui se ren
dent aux foires et marchés d'Orgelet pour s'y
approvisionner en grains. Tout est simple par
basses eaux, mais en hiver, ou après de violents
orages, le passage est souvent impossi ble. Les
voyageurs doivent alors revenir à La Tour-du -Meix,
franchir la rivière à Pont-de-Poitte et se
diriger par Clairvaux vers Moirans et
Saint-Claude.
Pont de
pierre du XVIIIe siècle
A la fin du XVIIIe siècle, sur les demandes des
villes de Saint- Claude et d'Orgelet et de
nombreuses communautés, l'intendant accepte le
principe de la construction d'un pont de pierre.
Le projet de M. Ber trand, ingénieur en chef de
la province, prévoit un pont d'une seule arche
appuyée sur deux piles de 114 pieds de long, la
voûte étant à 60 pieds au dessus du niveau moyen
des eaux. Les piles étant élevées, un cintre de
bois est édifié pour permettre la construction
de la voûte et les pierres sont posées. La voûte
est presque terminée quand, le 7 août 1773, elle
s'écroule dans la rivière. Constat est fait par
le magistrat d'Orgelet qui explique la chute
"par des fautes que l'on a commises dans la
direction et l'exécution des ouvrages et la
mauvaise qualité des bois em ployés dans les
cintres" et qui demande "de faire retomber les
dépenses sur ceux qui en sont les auteurs plutôt
que sur cette ville et son bailliage et sur
celui de Saint-Claude qui, de puis longtemps,
fournissent à ces sortes de dépenses ainsi
qu'aux reconstructions et réparations des routes
qui tendent à ce pont". La ville d'Orgelet obtient l'assurance d'une
prochaine re construction, mais en 1779, les
travaux n'ont pas repris, pas plus d'ailleurs
qu'en mai 1780, si bien que la municipalité
s'adresse au marquis de Marnezia pour l'inviter
à faire des démarches, afin de hâter cette
reconstruction. Elles aboutissent à la venue à Orgelet, en août
1780, de l'ingénieur en chef de la province et
d'un inspecteur général des ponts et chaussées.
On croit enfi n
toucher au but. La taille des pierres commence,
mais il s'avère bien vite que ce pont sera trop
coûteux ; décision est donc prise de lancer un
pont de bois.
Ponts
de bois
En 1783 est donc
construit un pont de bois qui tombera dans la
rivière le 10 juillet 1803. En 1811 est érigé un
nouveau pont de bois, d'une seule arche de 50
mètres de longueur, couvert. Il est incendié en
janvier 1814, sur l'ordre du préfet, pour
ralentir l'avance des armées d'invasion. Les
Autrichiens réquisitionnent alors les habitants
du voisinage pour établir un pont provisoire. En
1815 débute la construction d'un nouveau pont,
achevé en 1818, mais refusé par l'administration
et démoli. En 1820, nouveau pont de bois
construit par Girod de La Tour-du-Meix. Il a 38
mètres de longueur et est surmonte d'une partie
couverte.
Pont de
fer
Ce pont de bois durera une cinquantaine
d'années, subissant de très nombreuses répa
rations mais, en 1860, une délibération du
conseil municipal de La Tour-du-Meix apprend
"que le pont n'est plus susceptible de
réparations, qu'il menace ruine, d'après un
rapport de l'agent-voyer en chef". Ainsi, le
conseil municipal adopte le principe de
démolition avec vente des matériaux dans un laps
de temps de six mois ou un an, émet le vœu que
le préfet décide le plus tôt possible de la
vente des matériaux et que le produit de cette
vente, joint aux allocations des communes et aux
souscriptions particulières, soit employé à
l'établissement d'un pont en fil de fer sur ce
même pont. M. le Préfet est en outre prié de
demander une subvention au département et à
l'état.
En attendant que se construise ce nouveau pont
et parce que l'ancien est désormais
inutilisable, il sera demandé par le docteur
Vincent de Moirans le rétablissement d'un bac
pour usage particulier. Le conseil municipal de
La Tour-du-Meix donnera son accord, à condition
que le bac soit pour tout le monde avec droit de
péage ; mais en faisant remarquer cependant le
danger que ferait courir aux passagers le bac
par hautes eaux, car le courant est fort en
certaines périodes. En ce qui concerne le projet
de construction du pont, les choses traînent en
longueur et une délibération du 2 novembre 1881
du conseil municipal de La Tour-du-Meix révèle «
que la construction d'un pont en ciment et en
fil de fer, présentant pour le moment des
difficultés insurmontables, il faudra s'attacher
à la réparation de l'ancien ». Le coût des
travaux est évalué à 13000 francs et de
nombreuses communes sont prêtes à contribuer à
ces travaux. Il est question d'un pont suspendu
avec instauration d'un droit de péage, car la
souscription des communes est nulle ou pas en
rapport avec leurs revenus. Ce droit de péage
sera d'ailleurs racheté par la commune de La
Tour-du-Meix, vu qu'il est un obstacle à la
circulation.
Ce pont ne verra pas le jour... et on note qu'en
1892, le vieux pont à galerie n'est pas remplacé
puisque la commune refuse à l'agent-voyer la
somme de 90 francs prévue pour la réfection du
tablier en bois.
Déjà 12
m de haut
C'est donc finalement à l'aube du
XXe siècle que sera érigé le pont avec plancher
en bois et tablier de fer, le tout reposant sur
deux piliers de 12 mètres de haut environ. Ce
pont est trop étroit ; son plancher se détériore
vite, si bien qu'en 1936 est lancé un nouveau
projet de construction, par voie de concours. Le
pont devra posséder une chaussée de 3 mètres de
large avec deux trottoirs de 0,70 mètre chacun.
Mais la situation intérieure et extérieure ne
permet pas la réalisation de ce projet et il
faut se contenter de travaux de réfection et d'y
réglementer la circulation par l'arrêté
préfectoral du 14 avril 1939 : « Circulation
interdite aux voitures à deux roues pesant
voiture et chargement compris plus de 1500 kilos
et aux voitures à quatre roues dont le poids
serait supérieur à 2000 kilos. » « Le pont ne devra jamais supporter à la fois
plus d'une voiture chargée à 1500 ou 2000 kilos.
Pendant la durée de la traversée, les attelages
seront mis au pas. La vitesse des automobiles ne
dépassera pas 4 kilomètres à l'heure ».
Aujourd'hui, le béton précontraint
Ce pont enjambera l'Ain jusqu'à
ce que la construction du barrage de Vouglans
nécessite en 1968 la construction d'un ouvrage
d'art en béton précontraint, d'une largeur de
9,50 mètres, avec une longueur des culées de 350
mètres en quatre travées de 65, 110, 110 et 65
mètres. La hauteur de la pile centrale est de
74,45 mètres. Quant au pont précédent, il repose
au fond du lac, sectionné en son milieu par les
chalumeaux d'entrepreneurs qui espéraient
récupérer les armatures métalliques et qui,
surpris par la montée rapide des eaux du lac,
ont du abandonner sa démolition.
André
Jeannin, article
publié dans "Le Progrès" du 20 novembre 1983
 
Sources : dictionnaire Rousset, archives
municipales d'Orgelet, archives municipales de
La Tour-du-Meix

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