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Henri Duparchy (Pierre Henri Désiré)
Ce personnage est en fait Pierre Henri Désiré né le 02/02/1873 à Lons le Saunier (39), fils de Louis Marie Hilaire ci-dessus et Marie Désirée Marguerite Jeannez dont le mariage a eu lieu à Besançon le 10/03/1872. Il suit donc son père à Paris, avec son frère Louis Marie Jules (centralien) et sa sœur Antoinette Fernande Jeanne (mariée à un officier),
Pierre Henri Désiré après de études de droit et l'exercice de sa vocation de peintre, fera l'objet d'une affaire de parricide commis en 1899, cette affaire est commentée et analysée dans un article paru dans le bulletin annuel (N° 26 – 2003) édité par "Les Amis du Vieux Saint-Claude".
Selon cette étude, il est condamné à 20 ans de travaux forcés, sera sans doute enrôlé dans l'armée pour la guerre de 14/18 et réapparaîtra semble t'il en 1922 comme employé de banque, et possédant la croix de guerre selon l'acte de mariage………….
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| Article paru dans le bulletin annuel
"Les Amis du Vieux Saint Claude" n°29 de 2006,
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| Un autre article relatif à cette
affaire parue dans la "Revue Bleu" le 09/03/1901
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A propos d'un procès récent.
Trois semaines déjà se sont écoulées depuis que Henri Duparchy, le parricide de Diesle, a été arrêté et l'opinion si inconstante, un instant passionnée, se préoccupe d'autre chose, Nos émotions sont trop vives pour durer, nous avons tant de sujets de nous émouvoir que nous ne pouvons consacrer à chacun au delà de quelques minutes. Il est encore temps de parler de ce crime, car il soulève une question qui dépasse de beaucoup le fait banal que juge la Cour d'assises de Lons-le-Saulnier.
Vous connaissez cette lamentable histoire. Le fils d'un riche propriétaire du Jura, un jeune homme de vingt-huit ans, a tué son père. D'abord étudiant en droit, il avait bientôt renoncé à l'étude des codes pour s'adonner à la peinture. Il avait suivi le cours Julian, il avait travaillé chez Jean-Paul Laurens, mais, tout le monde ayant du talent, ses tableaux d'inconnu ne se vendaient que par rare accident. Pour toute ressource il avait une pension de 50 francs que son père lui payait irrégulièrement, et quelques leçons de dessin. En 1878, il avait du pour vivre entrer chez un marchand de comestibles et faire la place pour les denrées alimentaires. Souvent il n'avait pour sa journée entière que vingt sous à dépenser, et parfois il restait sans manger tout le jour. Alors, le ventre creux, traînant sur le pavé ses talons éculés, il avait songé à son père. Celui-là, avaricieux et dur, vivait à Diesle au milieu de ses rochers et de ses forêts, entre une bonne, sa maîtresse et ses chiens. C'est lui qui était la cause de sa misère, de sa détresse; égoïste et rude, il laissait sans réponse ses appels désespérés. Alors exaspéré, et détraqué, le jeune homme avait acheté une carabine et des cartouches et il avait pris le train. Une première fois le courage lui avait manqué : il était revenu à Paris. Mais l'idée du parricide résolu l'obsédait, et bientôt il partait de nouveau. Le 25 octobre au soir, il arrivait à Diesle, restait caché dans les bois sans manger et attendait pendant toute la nuit du 25, toute la journée et toute la nuit du 26. Enfin, dans la matinée du 26, son père était survenu : alors il avait tiré, et le malheureux était tombé, face en avant, sans un cri, la pipe aux dents. Le meurtrier s'était enfui, il avait regagné Paris, et en rentrant chez lui il avait trouvé un télégramme qui lui annonçait la mort de son père. Il était reparti à Diesle, vêtu de deuil, pour rendre les devoirs à celui qu'il avait assassiné mais soupçonné presque aussitôt, il avait avoué son crime quarante-huit heures à peine après l'avoir commis.
L'affaire était donc claire et facile. Un fils avait tué son père et le reconnaissait. Cette situation fut jugée trop simple. Elle manquait de complication, elle ne prêtait à aucun de ces beaux développements pathétiques et dramatiques qui remplissent de toilettes élégantes les tribunes d'une Cour d'assises. Une affaire où il n'y a ni femme compromise, ni médecin aliéniste consulté, quel président serait assez brave homme pour s'en contenter! Seul M. Magnaud n'y changerait rien. Il fallait découvrir de quoi corser l'aventure. On chercha, on enquêta, on perquisitionna, et l'on trouva... des lettres d'amour! Henri Duparchy avait tué son père pour en hériter et venir ainsi en aide à sa maîtresse.
Des lettres d'amour! des lettres tendres ou ardentes, naïves ou fiévreuses, confiantes ou éplorées, pleines du regret des joies et des caresses passées, pleines de l'espérance des joies et des caresses prochaines: quelle aubaine! Ce n'est pas un psychologue habile qui les a composées, en fouillant dans le souvenir de ses enquêtes ou en écoutant discrètement aux portes des ménages. Ce ne sont pas des lettres de littérateur, travaillées, ciselées, où rien ne manque, ni une virgule, ni un point d'interrogation. Non. Pour employer une abominable expression jadis à la mode, elles sont une tranche de vie. Celle qui les avait envoyées les avait écrites au courant de la plume vraiment, disant tout ce qui lui venait à l'esprit et tout ce qui jaillissait de son cœur, sans crainte, sans pudeur, s'abandonnant avec délice à sa passion. Celui qui les avait reçues les conservait entre deux bouquets de violettes desséchées, un ruban fané, un gant sali, une voilette fripée.
Soudain un policier est apparu, qui au nom de la loi a forcé des serrures, bouleversé des tiroirs de ses mains indifférentes et trop robustes, et les à emportées sans penser une seconde qu'il volait le bien d’autrui. Le tribunal a frémi de plaisir. Comme il va s'amuser! Les voyez-vous, toutes ces robes ronges et toutes ces robes noires qui se baissent et se penchent vers ce petit paquet de lettres. Les voyez-vous ces têtes de magistrats austères, rasées ou parées de traditionnels favoris, dont un sourire gaillard ride les lèvres? Ils ont entre les mains le plus complet et le plus réel des romans, car ils possèdent jusqu'à ces premiers billets, timides, réservés et un peu tristes, où l'amour naissant hésite encore à .s'avouer et se cache sous des effusions de poésie. Rien encore ne s'est passé, comme on dit. Elle pense encore à lui, et quand elle se promène elle trouve la campagne, jolie car elle voit des sites qui pourraient tenter 1e pinceau du jeune homme. Ce n'est entre eux, qu'une similitude de goûts et de sentiments. Ils ne s'aimant pas, oh non! Ils comprennent simplement de la même manière les mêmes choses, ils se réjouissent des mêmes joies, ils s'attristent des mêmes tristesses; délicieux et mensongers euphémisme.. Mais les jours s'enfuient, et l'inévitable événement se produit. Comme l'intérêt augmente! Dès lors plus de retenue!: pour comble de bonheur (un dieu protège ces lecteurs inattendus), cette femme est la plus folle des amoureuses, la plus insatiable des amantes. Les mots passionnés, cyniques parfois, échappent à sa plume. Au seul souvenir des caresses reçues, tout son être tressaille, des désirs insensés la dévorent, son corps, semblable à une lyre, vibre à se briser : «je te veux, dit-elle, avec une ardeur de lionne » Pour ces rigides gardiens de la morale publique, quel excitant tableau que ce déshabillage. Et les tendres appellations sont là aussi, puériles et ridicules, " petit raton, petite fleur chérie ". De quel éclat de rire elles ont dû être soulignées. Mais rien sans doute n’a causé plus de gorges chaudes que le dernier renseignement obtenu; cette femme était la femme d'un officier du régiment stationné à Mayenne, et elle avait deux enfants!
Je ne sais rien de plus honteux que cette correspondance arrachée d'un tiroir, compulsée dans un silence heureux par des juges, des avocats, des avoués, et jetée en pâture à un public avide des secrets d'alcôve. Henri Duparchy avait tué son père pour supprimer la détresse de sa maîtresse!
Assurément, la Cour avait le devoir d'en acquérir la certitude, elle pouvait trouver là des circonstances atténuantes ou aggravantes. Il n'était pas besoin de livrer ces lettres à la publicité, de les communiquer aux journaux, d'en amuser la curiosité et d'en allumer les désirs de quatre ou cinq cents oisifs qui courent aux séances d'assises comme au spectacle. Il ne fallait pas étaler au grand jour la faute d'une femme, et révéler au mari et aux enfants ce qu'ils auraient peut-être à jamais ignoré, alors surtout que toute cette honte rendue publique ne sert de rien.
De quel jour cette action malpropre, vile et inutile éclaire le caractère de ceux qui ont à exercer la plus difficile et la plus sacrée des missions, parce qu'ils sacrifient à l'occasion de se distraire et de distraire les autres, le respect que chacun cache au plus profond de lui-même, pourquoi s'en étonner d'ailleurs?
La collection des procès célèbres est pleine d’enseignements sur ce point : dès qu'on peut trouver quelques lettres amoureuses, adressées à en accusé, on les produit à 1a plus éclatante des lumières. Peu importe qu'elles n'aient aucun rapport avec les débats engagés, Les magistrats aiment remuer le linge sale.
Qui ne se souvient encore de cette affaire Godefroy, où le président, résumant les charges de l'accusation et les arguments de la défense, pour instruire le jury au moment où celui ci allait entrer dans sa chambre de délibérations, accabla l'accusé sous des lettres qui ne se rattachaient en rien au procès? L’émoi causé fut si grand qu'en 1880 la Chambre vota un projet de loi qui supprimait comme dangereux pour les prévenus le résumé, et le 23 mai 1881, le Sénat adoptait ce projet. La loi était promulguée le 8 juin suivant. Ne verrons-nous pas bientôt le jour où les juges se respecteront eux mêmes en respectant les autres et où la Cour ne sera plus que le siège de la justice, après avoir été la salle réservée par M. de Chirac pour son théâtre réaliste !
Que de présidents Magnaud il nous faudrait!
Paul ACKER
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